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2010/12/03

Si je me mettais à compter le nombre de personnes proches mortes tout au long de ma vie, je n’aurais pas assez de doigts dans mes mains et pieds pour le faire. Je ne parle pas de personnes décédées par mort naturelle.
Cela se passait durant les années qui suivirent notre entrée en Iparralde (Pays Basque nord: partie du Pays Basque se trouvant sous administration française).
En ces temps-là, les groupes paramilitaires financés et organisés par le gouvernement espagnol (surtout, le G.A.L.) agirent en toute tranquillité dans l’état espagnol, mais aussi dans l’état français sous le regard tolérant et parfois l’attitude collaboratrice du gouvernement, qui avait connaissance de ce qui se produisait (notamment celui du président François Miterrand).
Comme nous savions que l’objectif de ces groupes était de combattre la cause Basque sous tous ses aspects et en causant le plus grand nombre de dégâts possibles, nous étions conscients des risques que nous courrions quotidiennement et bien que nous vivions parfaitement intégrés dans une ville touristique de la côte et menions une vie normale, nous vivions sous le risque d’être l’objectif des attentats du G.A.L.
Les méthodes utilisées par ces groupes paramilitaires étaient les mêmes que celles qui furent utilisées dans d’autres conflits comme celui de l’Irlande du Nord (groupes paramilitaires unionistes), la guerre d’Algérie (O.A.S.)… Alors, lorsque notre mère nous emmenait à l’école en voiture, par exemple, il fallait regarder sous le châssis du véhicule etc. pour s’assurer qu’on ne courait aucun risque. Chercher un objet dont nous ne connaissions même pas l’apparence !
J’étais en C.M.1 ou C.M.2 lorsque je fus témoin, pour la première fois d’un attentat. Ce fut une voiture piégée. La victime était Jose Martín Sagardia, un ami de la famille et il se rendait à son travail. Nous étions en cours avec notre professeur, lorsque les vitres de la classe sautèrent sous l’effet de l’onde expansive de l’explosion. Le bruit fut celui d’un vrombissement suivi d’une détonation puissante. L’automobile se trouvait derrière le petit muret qui entoure l’école, à une quinzaine de mètres de nos classes. Je me rappelle que les enseignants avaient suspendu les classes et nous avaient envoyés à la maison. Je me souviens qu’à moi, particulièrement, ils m’avaient dit de rentrer en faisant un détour afin de ne pas passer par le lieu où s’était produite l’explosion.
Il y eut beaucoup d’autres attentats durant les années suivantes et beaucoup de morts. Parmi les plus marquantes, celle de notre cousin abattu à bout portant lors d’une embuscade et celle notre grand ami Santi Brouard, médecin pédiatre (et représentant politique) tué alors qu’il attendait ses patients.
C’est difficile de parler de ces évènements. Non seulement parce qu’ils font partie de l’intimité d’une vie, mais aussi parce que bien que faisant partie d’une mémoire collective importante ils ne sont pas officiellement reconnus comme un autre témoignage, une autre preuve de l’oppression contre le peuple Basque.

If I had to count the number of dead close people all along my life, my fingers and toes wouldn’t be enough. And I’m not talking about people dead naturally.
That happened all through the years which followed our arrival at Iparralde (North Basque Country, part of the Basque Country under French administration). At that time, paramililitar groups, financed and organised by the Spanish government (specially G.A.L), were working completely free not only in the Spanish state, but also in the French one with the help and tolerance of the French government, which knew everything happening (specially, François Miterrand’s government).
As we all knew, the main objective of these groups was fighting against the Basque cause in any way, and being as harmful as possible, so that we were conscient of the risks we had to face everyday. Although we were living fully integrated in a touristical town at the seaside and we had a normal lifestyle, we were in danger of being G.A.L’s target.
The methods used by those paramilitar groups were similar to those used in other conflicts such as the Irish one with the unionist paramilitary or the Algerian war with the O.A.S., etc. So,when our mother brought us to school (for example), we had to look under the car, searching for anything strange, to make sure we weren’t in risk.
I was at Primary school when I could witness a terrorist outrage for the first time. It was a bomb-car. The victim was Jose Martín Sagardia, a friend of my family’s who was going to work. We were in class with our teacher when glasses burst as a consequence of the explossion. The noise was like a buzz followed by a powerful bang . The car was behind the small wall around the school, at about 15 metres from our classrooms.
I remember teachers stopped the classes and sent us home. They told me to go making a round so that I avoided passing by the place of the explossion.
The years after were full of more outrages and death.
But the ones which most moved me were those of my cousin, shot down in an ambush, and our great friend Santi Brouard (paediatrician and political representant) murdered while he was servicing his patients.
It is difficult to talk about these events, not only because they are part of the most private part of a life, but also because in spite of being an important part of the colective memory, they are not officially recognised as another testimony and other evidence of the oppression aginst the Basque population.

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